Découvrez celles et ceux qui font vivre l’approche pluridisciplinaire d’Enoki au quotidien : Noémie Vetterli, Cheffe de projet durabilité qui a suivi durant l’été plusieurs formations autour du bilan carbone (CO₂), venant compléter son expertise en matière de durabilité, s’est prêtée au jeu de l’interview. Déjà Certified Expert CE SNBS – Existant et exploitation depuis le printemps dernier, Noémie fait partie des deux experts actuellement certifiés en Suisse romande. Une expertise encore rare, qui mérite d’être mise en lumière.
Vous êtes Certified Expert CE SNBS – Existant et exploitation depuis ce printemps. Qui peut obtenir cette certification et quels sont les prérequis nécessaires pour y accéder ? Et concrètement, qu’apporte-t-elle à votre pratique et aux projets accompagnés par Enoki ?
La certification s’adresse aux personnes disposant d’une expertise dans le domaine de la durabilité appliquée à l’immobilier, notamment aux personnes travaillant déjà sur des démarches telles que SNBS ou Minergie. Le label SNBS Existant et exploitation vient compléter ma boîte à outils avec une approche spécifiquement adaptée au parc immobilier existant. Il permet de réaliser un véritable état des lieux d’un ou plusieurs bâtiments sur la base de différents critères de durabilité et d’en évaluer la performance globale. On pourrait le comparer au CECB, qui évalue la performance énergétique d’un bâtiment, mais avec une vision plus large intégrant les différentes dimensions de la durabilité. Pour les projets accompagnés par Enoki, cette analyse permet surtout de partir de données concrètes pour définir des mesures d’amélioration ciblées : où en est le bâtiment aujourd’hui, quels sont ses points forts et ses axes d’amélioration, et quelles actions peuvent être mises en œuvre pour faire évoluer durablement sa performance ?
Vous avez également suivi cette année plusieurs formations autour du bilan carbone. Que vous ont-elles apporté et comment mettez-vous aujourd’hui ces nouvelles compétences en pratique ?
J’ai suivi plusieurs formations complémentaires autour du bilan carbone : à Lausanne sur le logiciel Lesosai, développé par E4Tech Software SA, puis à Fribourg dans le cadre d’une formation organisée par l’association Architectes pour le climat et dispensée par le Prof. Thomas Jusselme de la HEIA. Elles m’ont permis d’approfondir le calcul des écobilans dans la construction, les normes en vigueur ainsi que l’impact des différents choix de matériaux.
Concrètement, nous pouvons désormais réaliser certains écobilans directement en interne chez Enoki, notamment dans le cadre des démarches SNBS-Quartier et SNBS-Bâtiment, mais aussi pour des projets sans labellisation particulière. Cela nous permet d’aller plus loin dans l’analyse et de conseiller les équipes de manière très concrète sur les solutions permettant d’améliorer le bilan carbone d’un projet.
Quel a été un moment où vous vous êtes dit que ce métier avait pleinement du sens pour vous ?
Quand on sait que le secteur de la construction représente environ un tiers des émissions de gaz à effet de serre en Suisse, on mesure très concrètement l’impact que notre métier peut avoir. Ce qui me motive particulièrement, c’est de pouvoir agir de manière globale : sur les matériaux bien sûr, mais aussi sur la mobilité douce, les espaces communs ou encore les usages. Réduire l’empreinte carbone d’un projet peut aussi contribuer à améliorer très concrètement la qualité de vie au quotidien.
À quoi ressemble, pour vous, une bonne journée de terrain ?
C’est une journée où les équipes de projet comprennent réellement les enjeux de durabilité et la valeur ajoutée de leur intégration au projet. Le plus satisfaisant, c’est lorsque ces réflexions ne sont plus traitées comme des sujets à part, mais qu’elles s’intègrent naturellement et de manière transversale au projet.
Pour terminer, quels sont les projets qui vous occupent en ce moment ? Et parmi eux, qu’est-ce qui vous plaît particulièrement ?
Je travaille actuellement sur un audit SNBS-Bâtiment. C’est un processus très intéressant qui permet de découvrir le travail d’autres équipes, mais surtout d’adopter une approche inverse à celle de notre travail habituel. Plutôt que de construire et d’accompagner un projet, on doit le décortiquer pour vérifier s’il répond aux standards SNBS, comprendre les logiques derrière les choix effectués et, surtout, apporter des conseils lorsque nous identifions des éléments à développer ou à améliorer.
Nous finalisons également une certification provisoire SNBS-Quartier dans l’arc lémanique. Travailler sur des projets de cette envergure représente un beau défi. La durabilité touchant à de très nombreuses thématiques, il faut prendre en compte les intérêts de l’ensemble des parties prenantes : des voisins aux administrations publiques, jusqu’à la petite faune présente dans le quartier. C’est un important travail de compréhension des enjeux à tous les niveaux et de co-construction de solutions répondant aux besoins du projet et de ses différents acteurs.